La symptomatologie liée aux canaux lombaires rétrécis est fréquente, le recours à la chirurgie variable.
Le traitement conservateur associe les AINS, les infiltrations épidurales ou/et interapophysaire postérieure, la rééducation, le port de corset, les tractions lombaires. La gabapentine a amélioré après 4 mois la douleur, la marche, les troubles de la sensibilité. Les infiltrations sont créditées d’efficacité à court terme.
Dans un suivi prospectif après 4-5 ans, 10 à 20% des patients sont opérés et 40% améliorés, après 10 ans 39% des patients sont opérés. On peut retenir que 40 à 70% des malades sont améliorés par le traitement conservateur. L’âge, les éléments cliniques, le listhésis, la scoliose ne sont pas des facteurs pronostiques, l’importance de la sténose est discutée.
La chirurgie est une chirurgie de décompression associée ou non à une arthrodèse.
Dans 4 études randomisées la chirurgie a été supérieure pour la douleur, l’incapacité, la satisfaction du patient au traitement médical. Au long cours il existe une tendance à l’épuisement du traitement chirurgical. Parmi les facteurs pronostiques la dépression est un facteur défavorable.
La comparaison des 2 techniques chirurgicales a montré une supériorité de la laminectomie associée à une arthrodèse sur la laminectomie seule. La mortalité péri-opératoire augmente avec l’âge et avec l’arthrodèse. Il y a 3% de reprise chirurgicale à 2 ans et dans une étude 23% à 10 ans.
Pour la stratégie thérapeutique il faut se rappeler que l’amélioration est possible avec un traitement conservateur en première intention (en dehors de syndrome de la queue de cheval qui requiert une chirurgie immédiate). On proposera la chirurgie en cas d’échec dans le cadre d’une discussion médico-chirurgicale, dont l’efficacité a été démontrée à 2 ans.
Johann Beaudreuil, Sandra Lasbleiz et Caroline Bollet
53èmes Journées annuelles du centre Viggo Petersen et du Service de Rhumatologie de Bichat
Paris, 13-14 mars 2008

Laisser un commentaire