Plusieurs équipes de chercheurs travaillent actuellement à trouver des moyens de reconnaître la maladie d’Alzheimer avant la manifestation de ses premiers signes. La découverte de nouveaux marqueurs est en effet essentielle si l’on veut mettre en place un traitement précoce susceptible de ralentir l’évolution, hélas inéluctable, de la pathologie.
Des scientifiques américains ont ainsi conçu un système, baptisé SAPPHIRE, qui permet d’identifier une éventuelle « signature bêta-amyloïde » dans les yeux des patients. Les études ont déjà prouvé la présence de dépôts amyloïdes dans une région précise du cristallin chez les malades. Avant l’examen, on applique sur l’œil une pommade ophtalmique contenant un produit fluorescent qui vient se lier spécifiquement avec les peptides formant les plaques amyloïdes. Il est ensuite possible de détecter les dépôts à l’aide du laser.
Évalué dans quatre centres américains, auprès de 40 participants, ce dispositif a montré une sensibilité de 85 %.
Une deuxième équipe américaine (de l’université Johns Hopkins, à Baltimore) a mis au point une autre procédure qui consiste à rechercher la présence des protéines tau et du peptide bêta-amyloïde dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) des patients. En analysant les LCR collectés entre 1995 et 2005 chez 265 sujets sains âgés de 50 à 60 ans, dont près des trois quarts avaient un proche atteint d’Alzheimer, ils ont montré que ces substances commençaient à se modifier cinq ans avant l’apparition de la maladie. Ainsi plus il y a de protéines tau, et moins il y a de peptides bêta-amyloïdes dans le LCR, plus la probabilité de développer l’affection est élevée.